« Dans le monde de l’entreprise, ce qu’on ne compte pas ne compte pas. », Muriel Pénicaud

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Muriel Pénicaud au comité de parties prenantes de l’Impact Score : mesurer pour transformer
« Dans le monde de l’entreprise, ce qu’on ne compte pas ne compte pas. » C’est autour de cette conviction qu’a débuté l’intervention de Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail et des Solidarités, lors du dernier comité de parties prenantes de l’Impact Score, le 21 janvier dernier.
À cette occasion, Muriel Pénicaud est revenue sur son expérience clé : la création en 2018 de l’Index de l’égalité professionnelle femmes-hommes. Obligatoire pour toutes les entreprises françaises de plus de 50 salariés, “l’Index Pénicaud” est devenu un outil structurant de transformation des entreprises.
L’Index Égapro : rendre visibles les écarts pour agir
L’Index Égapro détient un objectif clair : faire progresser un grand nombre d’entreprises, tout en pénalisant celles qui sont très en retard. En effet, les entreprises ayant obtenu moins de 75/100 ont 3 ans pour dépasser le seuil de 75. Si, au terme des 3 ans, l’entreprise n’a toujours pas atteint 75 points, alors elle peut être sanctionnée financièrement par une amende pouvant s’élever jusqu’à 1% de la masse salariale annuelle.
Entre 2020 et 2025, la note moyenne de l’index est passée de 84 à 88,5 / 100, et la part des entreprises ayant publié leur index est passée de 54% à 77% ! Beaucoup d’entreprises se sont servies de leur note comme un argument pour leur marque employeur.
Pour garantir la pertinence de l’index, Muriel Pénicaud a suivi plusieurs principes clés :
- L'efficacité, pour provoquer le changement.
- La simplicité, pour favoriser l’appropriation par tous.
- L'objectivation, pour mesurer les écarts de manière transparente et concrète.
Cinq critères pour mesurer l’égalité
L’Index Égapro est une note sur 100 qui repose sur cinq critères tangibles :
- L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes.
- L’écart dans la répartition des augmentations individuelles.
- Le pourcentage de salariées augmenté à leur retour de congé maternité.
- La part des femmes parmi les dix plus hautes rémunérations.
- La répartition des promotions entre les sexes.
Ces critères offrent une vision claire et comparable du niveau d’engagement des entreprises, tout en mettant en évidence les principaux leviers d’action.
Un modèle inspirant pour l’Impact Score
Tirant parti de cette expérience, Muriel Pénicaud a partagé plusieurs enseignements essentiels pour la réussite de l’Impact Score :
- Co-construire l’outil : impliquer les parties prenantes pour renforcer la légitimité de l’outil.
- Favoriser simplicité et la lisibilité : pour favoriser le passage à l’action.
- Ne pas trop faire évoluer les questions posées, afin d’assurer une bonne comparaison dans le temps
- Diffuser les résultats afin de proposer des portraits de belles histoires d’entreprises s’étant évaluées
- S’inscrire dans une logique de progression et une démarche pédagogique : avancer étape par étape, sans viser la perfection immédiate.
- Convaincre les entreprises de s’évaluer par des incitations : accès à des aides publiques et à la commande publique…
En conclusion, la participation de Muriel Pénicaud au comité de parties prenantes a été un moment riche d’apprentissage, qui a permis d’illustrer le champ des possibles pour l’Impact Score. Cette intervention a aussi conforté l’ambition portée par l’Impact Score : s’inscrire dans la lignée de l’Index Égapro pour inspirer peut-être un jour la création d’un index impact social et écologique.
